GameCritic // Polytale’s E-Startup

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          Tu n’aimes pas l’idée de faire un don et tu préfères jeter à la poubelle quelques euros ? Alors ce jeu est l’investissement idéal pour toi ! Avec Polytale’s E-Startup, tu peux être certain d’être déçu de ton achat.

Une E-Arnaque.
0/10 – www.livechallenge.fr

          Dans ce jeu de création de startup, on n’est jamais vraiment maître du secteur d’activité de sa startup. Tu démarres le jeu avec une grue, un camion, et 12 500 $. C’est tout juste si on ne t’oblige pas de fabriquer et livrer des pizzas. Le pire, c’est qu’il n’y a même pas de tutorial. Tu finis par oublier les “objectifs” et te retrouves bloqué après avoir fait le tour du jeu parce que tu ne te souviens plus de ce qu’il faut faire (et tu ne retrouves plus les objectifs, car tu as paumé ces précieux documents, comme tout bon chef d’entreprise qui se respecte).

“La Machine”. Un film d’Alain Corneau.

          Le gros point noir du jeu. Cet écran d’objectifs qui apparait furtivement au démarrage de la parte et qu’on ne retrouve plus jamais par la suite. Est-ce un troll des développeurs ? Une volonté de faire du mal au joueur ? Toujours est-il qu’après une heure de jeu, on se retrouve à chercher une solution sur Internet pour un jeu dont absolument personne au monde ne parle. Les développeurs n’ont ni de site internet, ni de logo. “E-Startup” donne des millions de résultats dans Google (c’est pour ça que j’ai pris la liberté de rebaptiser le jeu “Polytale’s E-Startup”, même le titre n’est pas méticuleusement choisi). Et on se retrouve à étudier les 3 ou 4 captures d’écran sur Steam pour essayer de découvrir un détail manqué (note : J’ai coupé cette séquence au montage de l’épisode LCVS 01×05 car elle n’est pas intéressante à regarder, mais elle figure dans la version complète). A un moment, je décide de recommencer une partie pour voir si un bug ne m’empêchait pas d’accéder à certains menus, et je découvre alors ce fameux “écran des objectifs” qui nous dit “fabriquez une machine”. Si au moins c’était “appareil de production” ou “générateur d’objets”. Non. “Machine”. Pas d’infobulle. Pas de tutorial. Rien. Et je vous ai aussi coupé au montage la demi-heure que je passe dans tous les menus et autres écrans de mails pour tenter de retrouver cet “écran d’objectifs”.

>> La modélisation des voitures symbolise le mépris du développeur envers le joueur…

Les méfaits de la drogue sur les développeurs

          Un sentiment de “pas fini” se dégage des commandes. On peut pas tourner la caméra, et quand on dirige le curseur dans un côté/coin pour accéder à l’interface, cela déplace la map. Les voitures carrés sont le symbole du mépris absolu envers le joueur. Le petit village modélisé est vide de toute habitation, vie ou riverain. Il y a même une voie ferrée sur laquelle ne passe jamais aucun train. Il n’y a aucune musique de fond. Le son est absent, il est resté chez lui, il s’est dit qu’il allait pas se déplacer pour un tel jeu. Seul le bruitage des oiseaux ponctue votre partie et, ma foi, c’est un bruitage assez bien produit. Ils ont investi tout le budget son dans le bruitage des oiseaux. Vous avez le meilleur bruitage d’oiseaux au monde dans ce jeu ! Mieux vaut en rire ! Mais tout cela ne servira absolument à rien pour progresser dans le jeu, car vous resterez au “niveau 1” tant que vous n’aurez pas fabriqués et livrés divers objets. Vous avez une “machine”. Quand vous cliquez dessus vous pouvez créer n’importe quel objet du menu défilant : une TV, un emballage, un meuble…

          Franchement j’aimerais bien qu’il existe une “machine” comme ça dans la réalité ! Je ne sais pas ce qu’ont fumé les développeurs, mais ils se sont pas pris la tête à essayer de faire quelque chose de crédible ou de réaliste ! Bien entendu, quand vous cliquez sur “livrer” votre objet est livré instantanément, dans la seconde même. A ce propos, vous acceptez souvent de livrer en quelques heures des objets dont la fabrication n’a pas encore commencée. Bienvenue dans (rien de) Logique Simulator 2018. Du fait que vous n’ayez que 12 heures pour livrer des objets et que votre/vos ouvriers ne travaillent pas la nuit, la seule difficulté du jeu sera d’éviter d’accepter une commande à partir de la fin d’après-midi. Quand on a compris ça (ce qui prend au moins 3 secondes), plus rien ne nous empêche de faire fortune… à part l’envie d’éteindre le jeu et d’arrêter d’amasser bêtement ces millions virtuels. La facilité du jeu étant juste énervante.

Alors nous voilà avec notre grue et notre herbe verte (on pourrait presque s’estimer heureux qu’elle soit de la bonne couleur), et il nous faut construire nos locaux professionnels. Pas le choix. C’est pas comme si on était dans un jeu de gestion.

          Finalement, après une heure de jeu, on se retrouve dans ce “Barres de Progression Simulator” à se dire qu’on a fait le tour du titre, même s’il reste des fonctionnalités à débloquer. On a eu notre quota de déceptions pour être dissuadé de vouloir découvrir le reste. Notre seule interaction se fait avec des bulles de textes. Il n’y a même pas un avatar avec un interlocuteur modélisé ou une petite voix pitchée marrante à la manière de Grand Theft Auto 1. On est vraiment dans quelque chose de creux et de vide, à l’image de ce village désert dans lequel se situe l’action. Cette progression sous forme de “farming” nous empêche, de plus, de réaliser la startup de notre choix et de gérer la partie comme bon nous semble. On est obligés d’effectuer les actions demandées dans un ordre demandé. Et du fait du budget limité, on ne peut plus s’orienter sur un autre business dès que le jeu nous “impose” de recruter un ouvrier, un livreur, et de fournir des clients.

>> Exemple de bug, une inscription par-dessus le menu “Gestion du Stock”, empêchant d’y accéder.

          Je n’ai jamais vu un jeu avec un titre aussi mensonger. Ce serait comme un livre “1000 questions et réponses” avec seulement 3 questions et réponses dedans. Peut être que les développeurs de “e-startup” ne connaissent pas la définition du mot “startup”. Ca ne me surprendrait pas ! Un jeu de management ne se fabrique pas comme un FPS. on ne peut pas se contenter de disposer des intelligences artificielles aléatoirement et de dire bêtement au joueur de les éliminer. Non, il faut que le jeu repose sur des règles intelligentes. Pas juste sur du “créé ton bureau c’est joli” et “regarde la barre de progression augmenter, c’est super, tu vas gagner !” …Ne s’appelle pas Sid Meier qui veut ! Avec tous les genres possibles et imaginables, il fallait que le studio de développement, à savoir Polytale, se décide à fabriquer un jeu pour lequel ils n’avaient aucune inspiration ! Je ne vais pas chercher des réponses à toutes ces questions, je risquerais d’attraper des migraines !

0.0

Author's rating

Overall rating

Originalité
5.0
Challenge
1.0
Scénario
2.0
Ambiance
2.0
The good
  • Le jeu partait d'une bonne intention et d'une bonne idée de départ
  • Les mots d'excuses de vos employés qui s'absentent, plutôt rigolos
  • Il y a une église dans le village pour prier (et espérer des améliorations)
The bad
  • Incohérences : interfaces, difficulté, gameplay... rien n'est intuitif
  • Fonctionnalités peu nombreuses, on fait trop rapidement le tour du jeu
  • Finitions bâclées, jeu codé en tout juste 5 minutes montre en mains

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